Fin de vie : peut-on choisir sa mort ? L’euthanasie n’est pas LA solution / Jean-Marie Gomas ; Pascale Favre

Fin de vie : peut-on choisir sa mort ? L’euthanasie n’est pas LA solution / Jean-Marie, Gomas ; Pascale Favre
Artège, 2022, 251 p.

# Essai

Extrait

Affirmer qu’une loi autorisant l’euthanasie serait pourvoyeuse d’égalité ressort d’une illusion éthiquement coupable, sociologiquement hasardeuse et politiquement naïve. De même que chaque vie est singulière, chaque fin de vie sera toujours unique. Il ne peut être question d’un « droit à mourir ».

La seule égalité réaliste et souhaitable reste celle d’un égal accès à des soins de qualité, prodigués par des soignants suffisamment disponibles et dûment formés ; c’est le respect du principe de justice. La loi en ce sens existe depuis 1999, la réalité de sa mise en œuvre toujours attendue. De plus, les dotations ciblées sur le soin palliatif s’avèrent régulièrement détournées.

Une priorité absolue doit être accordée à la généralisation de la mise en œuvre des lois actuellement en vigueur dans toutes les structures de soin du territoire. La loi actuelle suffit pour ceux qui vont mourir ; elle ne suffit pas pour ceux qui veulent mourir, mais ceux-là ne doivent pas engager le corps médical.

La caution apportée par le pouvoir législatif d’un Etat démocratique à l’administration de la mort interroge sur sa capacité à protéger sa population.

Présentation

Cet ouvrage est co-écrit par Jean-Marie Gomas, médecin gériatre et co-fondateur du mouvement des soins palliatifs, et Pascale Favre, médecin et doctorante en philosophie.

A partir de leur expérience, les auteurs se penchent sur la question de la fin de vie. Ils analysent les idées reçues à ce sujet, déroulent leur argumentaire pour les déconstruire, et incitent le lecteur à se questionner à propos de la demande à mourir. Sur quoi repose mon opinion : une peur, un fantasme, une croyance ? Qu’en est-il dans la réalité, à la lumière de ceux qui côtoient la fin de vie ?

Cet ouvrage explore les enjeux et les dérives possibles de la mort programmée au niveau individuel et collectif. Quels sont les impacts de la non-reconnaissance des remaniements psychiques, de la temporalité et de la dimension spirituelle du patient en fin de vie ? Quid d’une société aveuglée par le fantasme de l’auto-détermination sans limite et le mythe de l’hyper-performance au détriment du lien aux autres et de la solidarité envers les plus fragiles ?

Le lecteur trouvera aussi une explication sur la loi française actuelle, ainsi qu’une description détaillée et illustrée du vécu du patient en fin de vie (corporel, psychique, existentiel, spirituel). La vision ancrée dans le réel des auteurs permet de se faire une idée plus juste et plus complète de ce qui s’éprouve en fin de vie. Les questions médicales et éthiques qui traversent les soignants sont également explicitées.

Invitation à la lecture de Béatrice Forest , Psychologue clinicienne